Intention

Pour l’espèce humaine, la conscience d’elle-même semble s’accompagner d’une question qu’elle est peut-être la seule entité de l’Univers à se poser : quel est le sens de la vie ?

Comme tout être vivant, l’humain est soumis à ses besoins primaires, qui lui imposent de se nourrir, de se soigner et d’assurer sa sécurité. Développant des techniques toujours plus élaborées, l’humanité a appris à maîtriser ces contraintes, parvenant au fil du temps à mieux parer les risques de faim, de maladie, de mort par la prédation ou la guerre. Les techniques ont été également progressivement investies dans des activités non directement nécessaires pour garantir la vie. Les arts, la philosophie, la spiritualité et la recherche scientifique fondamentale explorent des dimensions de l’existence qui s’affranchissent des seuls besoins vitaux essentiels.

Cependant, aussi talentueuse soit-elle, l’humanité n’est jamais parvenue à comprendre pourquoi elle existait, ni pourquoi tout existe. De multiples propositions de réponses sont envisagées, en particulier religieuses, sans clore pour autant un débat qui ne trouvera sûrement jamais de réponse absolue.

Les recherches présentées sur ce site tentent de contribuer à l’exploration de la question de l’existence. L’objectif général est de partager de la matière à penser, à destination de qui s’interroge aujourd’hui sur le sens général de l’évolution.

Une attention particulière est portée à la compréhension des spécificités de l’espèce humaine, dont la performance adaptative par transformation de son milieu pourrait avoir façonné, au fil du temps, son esprit singulier. Les capacités au déni, à l’énonciation de récits, à l’élaboration de mythologies et de croyances sont interrogées singulièrement. L’intention est d’éclairer l’éventuel intérêt stratégique de l’illusion pour l’humanité, en particulier dans le déploiement de forces destructrices qu’aucune autre espèce n’a pu à ce point développer avant elle. Déconstruire l’illusion, pourquoi pas même espérer s’en affranchir pourrait participer à définir de nouvelles trajectoires éthiques au cœur d’un monde chaque jour à la fois plus complexe et plus fragilisé.

Le contexte de crise économique et écologique prolongé, manifestement sans issue accessible à nos capacités expose nos sociétés à une perte considérable d’avantages adaptatifs, à un déclin global ponctué de ruptures voire à un effondrement. L’exploration de la fonction de l’esprit dans l’adaptation espère participer à l’analyse critique de stratégies d’organisation héritées du passé, qui pourraient devenir inopérantes ou contre-productives dans des circonstances qu’aucun humain n’a jamais rencontrées. Une déconstruction de la propension humaine au conflit et à la défausse de responsabilité est proposée, qui pourrait éclairer les difficultés contemporaines dans l’évitement de l’écueil écologique. Ce travail diagnostic participerait notamment à comprendre l’émergence contemporaine de divers obscurantismes, autant scientifiques que pseudo-scientifiques, politiques ou spirituels.

Les études présentées sur ce site ambitionnent une réappropriation du sens de l’existence, alors que les repères traditionnels et historiques semblent faillir. Un des objectifs est en particulier de comprendre l’influence des pulsions et émotions dans l’adaptation, initialement inaccessibles à la raison, dont nous ne comprenons pas toujours les finalités et qui nous font prendre parfois des décisions nous précipitant vers le pire. La mise en mots des motivations profondes et souvent invisibles de l’espèce humaine s’oppose, dans la mesure du possible, aux crispations idéologiques et à la violence concrète qui accompagnent malheureusement souvent les temps de crise.

Au-delà de la période contemporaine, l’ensemble du projet espère réinscrire notre existence d’humain au cœur des grands processus évolutifs et des principes qui les régissent, considérés universels : la thermodynamique et l’évolution. Il s’agit également d’estimer s’il peut exister une cause commune à l’ensemble des phénomènes. Les développements envisagés tentent moins de comprendre le comment de l’organisation du réel que le pourquoi de cette organisation. Si les textes proposés ne participent par exemple pas à expliquer comment réaliser une couronne de plumes ou construire une fusée, ils peuvent aider à comprendre pourquoi l’humain ressent le besoin d’aller dans l’espace ou de marquer symboliquement sa supériorité hiérarchique. Des hypothèses sont élaborées pour comprendre quelle pourrait être l’origine de l’angoisse existentielle qui semble commune au sein de l’humanité, en quoi elle ne serait qu’un produit de l’évolution qui la motiverait à défendre à tout prix ses intérêts directs, guidant l’ensemble de ses choix en dépit de l’illusion de sa liberté.

Les études ou essais présentés sont opposables et soumis à la vérifiabilité. L’Essai Sur la Raison de Tout, terminé dans sa première version en 2004 est une proposition de théorie cadre. Il constitue le socle méthodologique de l’ensemble des propositions et hypothèses exposées. Cet essai pourra être réfuté.

Issus des questionnements existentiels qui accompagnent fréquemment la sortie de l’enfance, l’Essai Sur la Raison de Tout et l’ensemble des hypothèses qui le prolongent n’ont pas d’origine académique. Ces travaux sont le fruit de réflexions personnelles, élaborées en parallèle d’une formation initiale en psychologie clinique puis d’une activité professionnelle de technicien cordiste dans le bâtiment (ouvrier, puis responsable d’agence), entre autres activités professionnelles. Les développements exposés le sont aujourd’hui au titre d’essayiste*.

Vincent Mignerot

*À la date du 22 juin 2020, mon statut administratif évolue. Si mon activité principale reste celle d’essayiste, j’ai jusqu’à présent été référencé auprès de l’INSEE sous le code APE 72.20Z : Recherche-développement en sciences humaines et sociales. Ce code APE correspondait à mon activité de production d’hypothèses et plus généralement de matière à penser espérant contribuer à la mise en perspective des connaissances partagées sur le monde. En 2016 un de mes concepts, “l’heuresthésie” avait fait l’objet d’une publication dans un ouvrage à comité de lecture, pour le compte du laboratoire de recherche ESARS (Groupement de recherche “Esthétique, art et science”, CNRS).

Ce statut de “chercheur indépendant” a accompagné certaines de mes interventions publiques, certains de mes écrits sur le sujet de l’écologie. Mais mes travaux dans ce domaine ne bénéficient pas de publications dans des revues à comité de lecture. Cette activité sera désormais exercée sous le code 74.90.13 : Services de conseil en environnement. Je ne revendiquerai plus le statut de “chercheur”, l’activité d’essayiste couvrant déjà pertinemment le champ de mes productions, quel qu’en soit le domaine.


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