Ecologie et totalité

Écologie et totalité

Cet article est un extrait de la partie 3 du texte intitulé Écologie : trop tard pour agir… depuis toujours

Selon l’équation de Kaya notamment, le niveau de « progrès » (de confort, de sécurité, estimé par le PIB d’un pays) de nos sociétés peut être considéré comme indexé à la quantité d’énergie qui les traverse, ainsi qu’aux émissions de CO2 (équation de Kaya : CO2 = Population x PIB/Population x Énergie/PIB x CO2/Énergie). Alors qu’aucune transition énergétique n’est observée et qu’elle n’est peut-être pas possible dans l’absolu, envisager d’émettre moins de GES en réduisant la consommation de pétrole et de charbon serait immanquablement proposer de réduire notre niveau de vie… et cela induit un recul dans la compétition existentielle, à l’échelle de l’individu, de la famille, qui sera moins capable de se soigner ou de prendre soin de ses proches et de ses enfants, ou à l’échelle de la communauté : un pays qui réduirait volontairement son PIB reculerait instantanément dans la compétition internationale. Proposer donc de réduire notre niveau de vie signifie demander aux individus et aux peuples de faire des efforts à leur désavantage direct. Pourquoi feraient-ils ces efforts puisqu’ils seraient sûrs d’être perdants ? Même si à terme les efforts auraient protégé l’avenir, la compétition, elle, se joue bien dans l’instant.

La prise en compte du cadre de la compétition dans la problématique écologique implique que toute demande de changement de comportement soit porteuse d’un principe totalitaire, plus ou moins bien dissimulé : si nous voulons réduire notre impact sur le monde, il faut que tout le monde accepte de réduire son niveau de vie. Tout le monde, car si ne serait-ce qu’une petite partie ne le faisait pas, elle dominerait immédiatement ceux qui auraient fait ces efforts. Formulé autrement : la seule solution pour que tout le monde change, alors que le changement est un risque adaptatif, c’est que quelqu’un ou quelque chose l’impose. Ce quelqu’un ne pouvant pas apparaître parce que la communauté humaine sélectionne préférentiellement les dirigeants qui maintiennent les illusions (non ceux qui en disant le vrai obligeraient à réduire le niveau de confort et de sécurité), celle-ci dans son ensemble procrastine jusqu’à ce que ce soit quelque chose d’extérieur à elle qui fasse un choix total, en l’occurrence les effets délétères de la destruction de l’environnement.

C’est bien la destruction de l’équilibre écologique vital qui va réduire l’activité humaine, parce que nous n’aurons rien changé d’ici là, comme nous ne changeons rien encore aujourd’hui, alors que nous aurions dû changer il y a longtemps.

Illustration : Indice de démocratie (Wikipédia)

 

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