Interview par la revue Limite : Nous ne vivrons plus sur la même planète

Aujourd’hui, les symptômes de la catastrophe écologique ne manquent pas de greffiers et cet état des lieux est largement partagé, y compris par les plus hauts responsables. Pourtant on continue de nous parler de croissance du PIB, de voyages low cost, d’objets connectés, etc. Pourquoi ce grand écart ?

Nous n’avons pas un problème écologique en soi, nous avons un problème existentiel, qui génère un problème écologique. Comme pour toute espèce, c’est notre capacité d’emprise qui nous permet d’extraire des ressources et de l’énergie pour assurer notre existence. Or, chez l’humain cette capacité d’emprise est fulgurante. Aujourd’hui, la mondialisation de nos rivalités impose aux grands acteurs de maintenir leur capacité d’emprise en tension maximale pour ne pas décrocher et risquer de se faire manger par les autres. Le grand écart entre le constat écologique et les actes subsiste parce que ce problème existentiel sous-jacent demeure.

Notre emprise sur le monde a aussi pour effet de nous rassurer face à l’inéluctabilité de notre mort physique.

Oui, plus nous sommes inquiets, plus nous nous défendons matériellement, y compris parfois à nos dépens. Par exemple, plus nous parlons de la catastrophe écologique, plus nous alimentons une ambiance anxiogène, plus les ventes d’équipements de confort et de sécurité s’envolent (climatiseurs, 4×4, etc.) et participent à aggraver, par leur production et usages, notre empreinte écologique !

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Revue Limite

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