La singularité écologique

Singularité écologique, Photo par Rikki Chan

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The ecological singularity

En ce début de 21ème siècle, l’humanité se trouve à la croisée des chemins. Les promesses de croissance verte, de rupture technologique et de conquête martienne restent omniprésentes, mais elles se confrontent à l’accumulation d’études attestant des limites planétaires et de la destruction des écosystèmes. La prospective semble hésiter entre la naïveté et le pessimisme. Une troisième voie est-elle possible ?

La singularité technologique anticipe un avenir au cours duquel les intelligences artificielles développées par l’humanité atteindraient un tel niveau de performance qu’elles deviendraient “superintelligentes”, dépasseraient les capacités humaines et engendreraient des évolutions imprévisibles. Les perspectives après cette hypothétique singularité sont toujours discutées : délégation aux algorithmes de la gouvernance de l’humanité, union du biologique avec la machine, élévation “dématérialisée” de l’esprit (voir le transhumanisme). Pour les plus critiques, ces évolutions signifieraient avilissement et aliénation.

Singularité écologique, The technological singularity par Ray Kurzweil

La singularité technologique, frise chronologique par Ray Kurzweil

En regard de cette singularité, les inquiétudes écologiques augmentent. Au lieu d’une “disruption”, d’aucuns craignent un déclin de la puissance adaptative de l’humanité pour cause de fin des ressources, de pollution et de destruction globale de l’équilibre écologique vital. Ces risques ont été étudiés dès 1970 au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Les résultats de ces recherches ont été publiés en 1972 dans l’ouvrage Les limites à la croissance (D. Meadows, D. Meadows et J. Randers). Le modèle proposé, mis à jour régulièrement, envisage au cours du 21ème siècle le passage d’un climax adaptatif, un maximum de puissance économique après lequel un déclin serait inévitable.

Singularité écologique, Limits Growth, Meadows

Limits to Growth, The 30 Year Update – Donella Meadows, Dennis Meadows, Jorgen Randers

Deux visions du futur assurément différentes, mais qui se font peut-être écho.

Une singularité écologique pourrait-elle advenir ?

La singularité écologique désignerait la période, impossible à préciser mais incontournable, à partir de laquelle l’humanité admettrait que son développement est terminé et que ses conditions d’existence, même pour les plus privilégiés, ne pourraient que se dégrader.

L’admission de l’inéluctabilité d’un déclin global impliquerait une prise de conscience de la part de l’ensemble des humains dominants, ceux qui régissent ou influencent, directement ou indirectement, par leurs décisions ou leur niveau de vie l’adaptation de tous les autres humains.

Une singularité écologique ne pourrait sans doute pas se produire en tout lieu de façon simultanée et identique. Des communautés pourraient conserver longtemps des espoirs plus ou moins efficaces pour maintenir le déni de l’inéluctabilité d’un déclin.

Une singularité écologique entraînerait une transformation profonde des cultures humaines, des fondements des croyances et de la spiritualité.

Les formes de cette mutation seraient impossible à anticiper précisément. Les nouveaux modes d’adaptation ne sauraient quoi qu’il en soit outrepasser les contraintes du franchissement d’un climax pour l’espèce humaine, qui aura des effets politiques, économiques, sociaux, démographiques.

Dernière mise à jour : avril 2021

4 Comments:

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  • « le coronavirus pourra générer une rupture » - 24H News / Répondre

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  • Vincent Mignerot : « le coronavirus pourra générer une rupture » - Futura - Fitnesstime / Répondre

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